Les opérations des Forces canadiennes en AfghanistanLes opérations des Forces canadiennes en Afghanistan

Plus de 40 pays participent à la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS), dont les effectifs sont déployés en Afghanistan sous commandement de l’OTAN et sous l’égide des Nations Unies. Le Canada a officiellement mis fin à sa mission de combat dirigée par l'OTAN dans la province de Kandahar le 1 décembre 2011 et continuera de soutenir ses alliés et partenaires afghans tout au long de l'opération Attention.

Sous l'opération Athena, les Forces canadiennes ont travaillé pendant plus de 5 ans dans la province de Kandahar avec comme principal objectif d'aider le gouvernement afghan à mettre en place un environnement stable et sécuritaire grâce auquel la reconstruction, le développement et la bonne gouvernance pourront prendre racine et se perpétuer.

Après des années de sacrifices et de travail acharné, et alors que l'engagement des Forces canadiennes dans le sud de l'Afghanistan s'achève, nous pouvons être fiers de nos efforts en vue d'établir les conditions favorables à la transition dans la province de Kandahar et de nos progrès continus en Afghanistan par l’entremise de la sécurité, de l'instruction, de l'engagement et du développement.

Pour les Forces canadiennes, ce qui a commencé en 2001 comme une mission pour éliminer le terrorisme en Afghanistan et renverser le régime des Talibans s’est rapidement transformé en un campagne complexe et à multiples facettes visant à aider les Afghans à rebâtir leur pays et à en faire une société plus sécuritaire, stable et prospère qui ne soit plus un refuge pour les terroristes.

Voici un pays qui était sur une mauvaise pente il y a dix ans.  Oussama ben Laden y menait ses opérations.  Après la guerre contre les Soviétiques, le chaos régnait dans ce pays.  Cela a créé les conditions propices pour qu’un groupe radical comme les Talibans y prenne le pouvoir.

Ce mouvement terroriste a ainsi pu se développer, avec ses camps d’entraînement, qui aurait un impact négatif énorme sur le monde.  La communauté internationale l’a compris et a décidé que l’Afghanistan ne peut pas devenir un de ces pays qui se dirigent dans la mauvaise direction.  Et le Canada a décidé de contribuer fortement à son action.

Nous menons ici une opération de contre-insurrection centrée sur le peuple, sur la population. Voilà pour l’essentiel ce qu’est notre mission, notre tâche.

Nous accomplissons des tâches qui visent à protéger une population prise entre deux feux.  Nous sommes chargés de pourchasser les insurgés et soit de les combattre, soit de les convaincre que la lutte n’en vaut pas la peine et qu’il y a de meilleurs moyens d’assurer leur avenir.

La communauté internationale, la Force internationale d’assistance et de sécurité, les Canadiens en tant que membres de la communauté internationale, sont en Afghanistan pour aider son gouvernement légitime, le gouvernement national et la population afghane dans leur lutte contre les insurgés.

Voilà en résumé ce que nous faisons.  Qu’il s’agisse de combattre l’insurrection ou de convaincre les insurgés, de développer le potentiel de ce pays, les capacités de ses habitants, du gouvernement et des forces de sécurité nationales à reprendre la lutte pour leur compte.

Nous collaborons en tout temps avec tous les éléments de la Force de sécurité nationale afghane.  Nous assurons l’instruction en menant des opérations en partenariat et en donnant l’exemple par rapport à la façon dont une armée professionnelle mène ses activités.

Nous aidons l’Armée nationale afghane et la Police nationale afghane à mieux s’entrainer, à mieux diriger et à mieux s’équiper afin qu’elles soient mieux préparées à protéger la population et à faire renaître chez celle-ci la confiance que le gouvernement afghan est en mesure de l’aider et de veiller à son bien-être.

Les effectifs de l’Armée nationale afghane et de la Police nationale afghane se sont accrus.  J’ai constaté cette augmentation dans l’ensemble de la zone de responsabilité.  La direction, les compétences et les capacités de l’Armée nationale afghane sur le terrain se sont considérablement renforcées, voire décuplées.

Nous avons été témoins de nombreuses réussites réalisées tant par l’Armée nationale afghane que par la Police nationale afghane.  En ce qui concerne l’Armée nationale afghane, cette dernière a la capacité de mieux planifier et de mener les opérations elle-même et nous avons même pu voir des membres de l’Armée nationale afghane donner des ordres aux forces de la coalition et diriger l’opération de sécurité dans leur zone d’opération.

Les membres de la Police nationale afghane, quant à eux, sont de plus en plus en mesure de mener une opération de sécurité comme le ferait une vraie force de police sans partenariat ni mentorat, et de montrer à la population qu’ils peuvent la protéger et bien faire leur travail.

Nous espérons qu’un jour, à moyen ou long terme, l’Armée nationale afghane et la Police nationale afghane seront autonomes et en mesure, sous la supervision du gouvernement établi et reconnu, d’assurer la sécurité du peuple afghan.

Étant donné qu’il s’agit d’une opération de contre-insurrection centrée sur la population, celle-ci est au centre du conflit, prise entre, d’un côté, la proposition  du gouvernement et de l'autre, la proposition des insurgés.  Cette population doit être convaincue. Elle doit être persuadée quant au choix qui s’offre à elle. Elle peut choisir de soutenir l’insurrection. Elle peut au contraire choisir de soutenir son gouvernement ou encore de rester au centre, entre les deux camps. 

Nous devons nous armer de patience. Nous devons continuer à travailler fort pour isoler les insurgés de la population, pour permettre le dialogue avec le gouvernement. Ce mouvement est possible lorsque le gouvernement bénéficie du respect de la population. Nous faisons des progrès au fur et à mesure que nous travaillons à instaurer le sentiment de sécurité qui est tellement important pour amener la population à faire confiance à son gouvernement, à comprendre que celui-ci peut la soutenir et à orienter la vie des citoyens dans la bonne direction. 

Grâce à l’amélioration de la sécurité, nous avons constaté que de plus en plus de gens se rendent dans le centre du district. Beaucoup plus de gens participent aux décisions du gouvernement. Nous voulons donc maintenir ce niveau de coordination et de soutien mutuel entre le gouverneur, les Forces de sécurité nationale afghanes et nous, de manière à maintenir ce niveau de liberté de mouvement des habitants locaux.

L’engagement local d’un soldat en patrouille dans le village, l’implication du commandant de peloton auprès de l’aîné, ou du malek, soit le chef de village, l’engagement d’un commandant de groupement tactique auprès d'un gouverneur de district, la participation aux conseils traditionnels avec les aînés, voilà autant de facettes du processus de persuasion. Nos forces doivent avoir la capacité de démontrer qu’il y a une meilleure façon de faire les choses. La population a la possibilité de priver les insurgés de l'appui dont ils ont besoin pour se maintenir, en choisissant plutôt de prêter son soutien à l'instauration d'un avenir meilleur pour le pays.

Des États comme l’Afghanistan, souvent aux prises avec une insurrection, ont également perdu la majeure partie de leur infrastructure et pratiquement toutes leurs capacités et tout leur potentiel humains.  Les militaires, qu’il s’agisse des forces de la communauté internationale ou plus précisément des Forces canadiennes dans le cadre des opérations de contre-insurrection tentent d’instaurer un périmètre de sécurité propice au développement, à la reconstruction et à l’instauration d’un avenir meilleur.

Nous avons fait des progrès considérables quant au développement.  Nous construisons des routes et ce faisant, nous permettons le rétablissement de liens entre les collectivités et le gouvernement.  Nous contribuons à un certain nombre de projets qui insufflent à la population la confiance dont elle a besoin pour améliorer sa qualité de vie.

Nous avons travaillé à la construction d’infrastructure, d’écoles.  Nous avons participé à la construction de puits et à la rénovation de mosquées.  J’étais dans ce théâtre d’opérations il y a trois ou quatre ans et à l’époque, toutes les routes étaient en gravier.  Ces routes représentaient un énorme potentiel pour l’implantation de dispositifs explosifs de circonstance.  Aujourd’hui, je constate que ces routes sont asphaltées et que les populations locales peuvent y circuler rapidement.  Elles sont en mesure de livrer leurs ressources économiques en ville, à Kandahar.  Elles peuvent les livrer au sein de leurs districts.  C’est un gros changement, un énorme changement.

Sans cet aspect de reconstruction, ou sans consolidation de certaines structures, l'avenir serait très incertain pour un État aussi fragile que l'Afghanistan.  Sans la capacité de s'autogouverner, sans la capacité d'assurer leur sécurité, sans la capacité de compter sur une économie structurée, ce pays n'aurait aucun avenir.

Quel est le rôle des militaires?  Ils fournissent une bulle de sécurité, un espace sécuritaire, l'espace et le temps nécessaires pour procéder au développement, pour permettre à la reconstruction de démarrer et, il faut l’espérer, de prendre son essor.