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LE GÉNÉRAL JOHN DE CHASTELAIN

Nous avons avisé le gén John de Chastelain que nous examinerions les allégations selon lesquelles il aurait fait preuve à la fois d'un manque de leadership et d'un leadership inadéquat, en négligeant:

  1. de veiller à ce qu'une analyse adéquate des politiques et une évaluation complète de la situation soient effectuées de manière appropriée concernant l'opération « Deliverance » et, en conséquence, de conseiller adéquatement le ministre de la Défense nationale et le Cabinet relativement à ces questions;
  2. de prendre des mesures ou de veiller à ce que des mesures soient prises pour examiner et corriger les graves problèmes de leadership et de discipline dont il était au courant, ou dont il aurait dû être au courant, au sein du Régiment aéroporté du Canada, avant son déploiement;
  3. de superviser la planification et la préparation de l'opération « Deliverance », en autorisant le déploiement du Groupement tactique du Régiment aéroporté du Canada:
    1. en dépit de graves problèmes de discipline et de leadership dont il était au courant, ou dont il aurait dû être au courant;
    2. sans prendre des dispositions pour que les troupes se familiarisent avec les nouvelles règles d'engagement ou pour vérifier leur connaissance de ces règles;
    3. en dépit de règles d'engagement confuses, inadéquates et mal définies;
    4. sans un contingent de policiers militaires suffisant;
    5. sans mission précise;
    6. sans avoir vraiment mesuré les conséquences de la limitation des effectifs terrestres (armée) à 900 personnes;
  4. de mettre en place un système adéquat de compte rendu sur l'état de préparation et l'efficacité opérationnels des Forces canadiennes;
  5. de s'assurer que tous les membres de la Force interarmées du Canada en Somalie avaient reçu une formation adéquate sur le droit de la guerre ou le droit des conflits armés, y compris les quatre Conventions de Genève de 1949 concernant la protection des victimes des conflits armés, et que leurs connaissances dans ces domaines avaient été dûment vérifiées;
  6. son devoir de commandant, tel qu'il est défini par analogie avec l'art. 4.20 des Ordonnances et règlements royaux et par les coutumes militaires.

Il convient d'abord de parler brièvement des responsabilités du gén de Chastelain, car la nature de son leadership a, au niveau des opérations, donné le ton à ses subalternes dans la chaîne de commandement. En sa qualité de chef d'état-major de la Défense (CEMD), le gén de Chastelain occupait le poste le plus élevé dans la chaîne de commandement. Il avait la responsabilité de tout ce qui se passait aux niveaux subalternes. Cette responsabilité est évoquée dans les dispositions pertinentes de la Loi sur la défense nationale où il est précisé que le chef d'état-major de la Défense assure, sous l'autorité du ministre, la direction et la gestion des Forces canadiennes. Comme le CEMD est le premier officier des Forces canadiennes (FC), il est investi entre autres de deux fonctions fondamentales, soit fournir des avis militaires au ministre et au Cabinet, et assurer le commandement, la direction et la gestion des forces armées.

Une responsabilité d'une telle ampleur ne pourrait être assumée sans un degré considérable de délégation. Nous nous penchons dans un autre chapitre sur la mesure dans laquelle la délégation de responsabilités crée une responsabilité directe de contrôle et de supervision1. Pour les besoins présents, nous notons que bon nombre des fautes relevées chez les officiers supérieurs, exception faite de celles se rapportant à des fonctions qui ne peuvent être déléguées, correspondent à un exercice inadéquat des responsabilités de contrôle et de supervision.

Il s'ensuit que, même si le gén de Chastelain est ultimement responsable des fautes commises aux niveaux subalternes, il est également responsable de ce qu'il a fait ou non pour que ces fautes soient commises. À cet égard, on pourrait dire que sa principale faute a été de n'exercer aucun contrôle et de n'effectuer qu'une supervision nonchalante. De fait, en maints points de son témoignage, le gén (retraité) de Chastelain a montré qu'il était tout disposé à croire que tout irait bien, parce que ses entreprises passées avaient été couronnées de succès et parce qu'il se fiait à la qualité des personnes choisies pour être ses subalternes. Cette aimable indifférence - ou cette confiance aveugle - s'est tellement répandue sous son commandement qu'elle est devenue pratique courante dans toute la chaîne de commandement.

L'absence de contrôle de la part du gén de Chastelain et sa supervision nonchalante ont créé un climat propice à la multiplication des fautes chez ses subalternes. Nous avons entendu de nombreux témoignages qui portent à croire à un relâchement des mesures actives de contrôle et de supervision dans toute la chaîne de commandement. Selon nous, dans une chaîne de commandement, si le premier commandant manque à des responsabilités importantes, ces manquements se reproduiront inévitablement jusqu'aux échelons inférieurs de la hiérarchie. Les lacunes des échelons supérieurs peuvent donc facilement se manifester dans le reste de l'organisation. Qui plus est, l'absence de contrôle et de supervision appropriés des subalternes conduit inexorablement à une déficience au niveau de la rétroaction ascendante, car ces deux mécanismes sont intimement liés. Voilà pourquoi une erreur peut se multiplier et avoir des répercussions en cascade.

  1. Ne pas avoir veillé à ce qu'une analyse adéquate des politiques et une évaluation complète de la situation soient effectuées de manière appropriée concernant l'opération « Deliverance » et, en conséquence, ne pas avoir conseillé adéquatement le ministre de la Défense nationale et le Cabinet relativement à ces questions.

À titre de CEMD, le gén de Chastelain aurait dû ordonner qu'on procède à un examen complet des exigences liées à l'opération « Deliverance », à partir d'une analyse approfondie de la politique établie, et qu'on en communique les résultats à tous les intéressés, à commencer par le ministre de la Défense nationale et les membres du Cabinet. Mais il ne l'a pas fait. Il s'est contenté de recommander et d'appuyer la participation du Canada à l'opération « Deliverance » en se fondant, d'une part, sur l'hypothèse que les exigences de l'opération « Cordon » et celles de l'opération « Deliverance » étaient les mêmes et, d'autre part, sur des promesses écrites, mais sommaires, selon lesquelles il serait possible de fournir tous les moyens logistiques ou techniques supplémentaires qu'exigerait la nouvelle opération de déploiement. À ce propos, il a d'ailleurs déclaré ce qui suit:

Je crois que le fait que nous ayons convenu que [l'opération « Cordon »] était réalisable et que le Canada devait y participer a simplement été transposé à [l'opération « Deliverance »], une fois que nous avons jugé que nous pouvions prendre part à cette opération2. [Traduction libre]

Le gén de Chastelain a poursuivi en indiquant que des discussions tenues le 4 décembre, dans le cadre d'un comité spécial des ministres, auraient débouché sur la conclusion « que nous avons les troupes, que nous pouvons remplir le mandat décrit au chapitre VI, que cette opération ne sera guère différente de l'autre »3. Aucune nouvelle évaluation de la situation n'a donc été faite en prévision de l'opération « Deliverance », et l'analyse effectuée se résume à trois documents présentant brièvement une estimation erronée des besoins en troupes et en équipement.

Tout d'abord, nous ne voyons pas comment on pouvait déterminer avec précision quels étaient ces besoins sans procéder, au préalable, à une analyse complète du mandat et des tâches de la mission. La démarche du gén de Chastelain est erronée, car elle équivaut à mettre la charrue devant les boeufs. De plus, l'hypothèse selon laquelle les analyses concernant l'opération « Cordon » pouvaient être transposées à l'opération « Deliverance » était également erronée. L'opération « Deliverance » ne se présentait pas comme une simple mission humanitaire de maintien de la paix à l'instar de l'opération « Cordon » qui l'avait précédée, mais plutôt comme une mission régie par les dispositions du chapitre VII qui, de l'avis de l'un des membres de l'état-major, pouvait dégénérer en conflit armé et entraîner des pertes4.

En omettant de procéder à une analyse complète et adéquate, le chef d'état-major de la Défense n'a donc pas assumé sa responsabilité à l'endroit du gouvernement et des Forces canadiennes, particulièrement lorsqu'on tient compte du fait que la nature de la mission avait changé. Même s'il ne fait aucun doute que la décision finale de participer à l'opération « Deliverance » a été prise par le Cabinet, elle l'a été à la lumière des options présentées par le sous-ministre et par le gén de Chastelain, qui aurait dû savoir que le manque de temps, de ressources et de personnel nécessaires pour planifier et exécuter correctement une mission différente de l'opération « Cordon » allait causer des problèmes.

  1. Ne pas avoir pris des mesures ou veillé à ce que des mesures soient prises pour examiner et corriger les graves problèmes de leadership et de discipline dont le gén de Chastelain était au courant, ou dont il aurait dû être au courant, au sein du Régiment aéroporté du Canada, avant son déploiement.

En tant que chef d'état-major de la Défense, le gén de Chastelain assumait la responsabilité du commandement, du contrôle et de l'administration des Forces canadiennes. Il aurait donc dû être au courant de tout problème majeur de discipline ou de leadership susceptible d'avoir une incidence sur le déploiement en vue de l'opération « Deliverance ». En raison de l'autorité qui lui était conférée, il aurait dû exiger de ses subalternes qu'ils exercent une supervision adéquate des unités sous leur commandement, qu'ils lui fassent rapport en temps opportun et lui fournissent toutes les précisions requises et, finalement, qu'ils interviennent en prodiguant des conseils, en émettant des directives ou en prenant les mesures correctives qui s'imposaient. Rien de cela n'a été fait.

En ce qui concerne la destitution du lcol Morneault, le gén de Chastelain ignorait que certains chefs militaires avaient exprimé des craintes à son sujet avant sa nomination comme commandant5. Ce n'est que la veille de la destitution du lcol Morneault que le gén de Chastelain a appris qu'on avait exprimé des réserves à son sujet au cours des préparatifs en vue de l'opération « Cordon »6 Lorsqu'il a été informé de ce problème, il s'est seulement inquiété de savoir si un changement d'officier allait retarder le déploiement des troupes en Somalie. Le seul avis qu'il a demandé et reçu à ce sujet est celui du lgén Gervais, qui lui a indiqué que le déploiement ne serait pas retardé puisqu'on allait nommer un nouveau chef qui assumerait le commandement intégral de l'unité. En dépit des circonstances tout à fait inhabituelles que représente la destitution d'un commandant quelques jours ou quelques semaines avant l'envoi de troupes en mission à l'étranger, le gén de Chastelain s'est contenté de la réponse du lgén Gervais lui indiquant qu'il n'y aurait pas de retard7. Il n'a pas cherché à connaître la nature du problème qui aurait nécessité la destitution du lcol Morneault8. Il n'a pas exigé du lgén Gervais, ni de quiconque d'ailleurs, des détails sur cette question, se contentant, après coup, d'un bref exposé de la situation. Il ne s'est intéressé à l'affaire que pour chercher à savoir si le changement de commandement avait une incidence sur le calendrier de départ9. Dans l'ensemble, le gén de Chastelain s'est contenté de faire entièrement confiance à ses subalternes pour le tenir au courant d'une situation manifestement grave.

De même, si l'on en croit son témoignage, il n'a rien su des problèmes de discipline qui sévissaient au sein du RAC à l'automne 1992, jusqu'au jour où on l'a informé des craintes formulées à l'endroit du Icol Morneault. Il ne savait pas que le 2e Commando10 arborait le drapeau des Confédérés, et n'était pas au courant des infractions graves à la discipline, comme celles qui avaient été commises les 2 et 3 octobre 1992, ni des lacunes dans la formation reçue par le RA11. En fait, la seule fois où on lui a parlé d'un problème de discipline a été le 1er décembre 1992, à l'occasion d'un repas de Noël à Petawawa, quand on lui a dit que six soldats avaient été retranchés du contingent pour des raisons disciplinaires et que les problèmes étaient réglés12. Le gén (retraité) de Chastelain a admis du bout des lèvres que la chaîne de commandement ne fonctionnait pas aussi bien qu'elle aurait dû, dans la mesure où, comme CEMD, il aurait souhaité être tenu au courant des problèmes de discipline importants et des mesures prises pour les régler13.

Le gén de Chastelain n'était tout simplement pas au courant, dans le détail, des faits importants susmentionnés. Cette connaissance partielle l'a empêché d'agir, d'émettre des directives et d'exercer son commandement. En outre, son manque d'empressement à s'informer a incité ses subalternes à imiter son attitude de confiance aveugle à l'égard de subordonnés, à adopter une attitude passive devant leur responsabilité de supervision et leur obligation de rendre compte, et à s'en remettre à une vieille habitude de n'intervenir qu'après coup.

En cela, le gén de Chastelain a failli à ses responsabilités de chef d'état-major de la Défense. Il aurait pu, par sa présence et par l'exemple, tirer profit du poids considérable de son expérience et de son prestige pour inculquer directement à ses hommes les principes de la discipline, de la bonne conduite et du professionnalisme qu'il attendait d'eux. Mais, il ne l'a pas fait.

  1. Ne pas avoir supervisé la planification et la préparation de l'opération « Deliverance », en autorisant le déploiement du Groupement tactique du Régiment aéroporté du Canada:
    1. en dépit de graves problèmes de discipline et de leadership dont il était au courant, ou dont il aurait dû être au courant;
    2. sans prendre de dispositions pour que les troupes se familiarisent avec les nouvelles règles d'engagement ou pour vérifier leur connaissance de ces règles;
    3. en dépit de règles d'engagement confuses, inadéquates et mal définies;
    4. sans un contingent de policiers militaires suffisant;
    5. sans mission précise;
    6. sans avoir vraiment mesuré les conséquences de la limitation des effectifs terrestres (armée) à 900 personnes.

Le gén de Chastelain n'était pas au courant, alors qu'il aurait dû l'être, des graves problèmes de discipline et de leadership qui minaient le RAC avant que celui-ci ne soit déployé en Somalie. Il savait qu'on avait parachevé la rédaction des règles d'engagement à la hâte, le 11 décembre14, et il aurait dû se rendre compte que cette précipitation ne laissait guère de temps pour dispenser une formation adéquate sur les règles d'engagement; néanmoins, il ne s'en est pas inquiété15. Il ne s'est pas non plus préoccupé du fait que les soldats canadiens avaient été entraînés avec des règles d'engagement promulguées pour la mission en Yougoslavie, même si cette mission était sensiblement différente de ce à quoi on pouvait s'attendre dans le cadre de l'opération « Deliverance » 16 Le gén de Chastelain avait lu très attentivement chaque ligne des règles d'engagement applicables à l'opération « Deliverance » avant de les approuver, et il aurait dû savoir à l'étape de la planification que le libellé en était trop ambigu, notamment en ce qui concerne l'interprétation de l'expression « intention hostile » et le degré de force à employer en cas de vo117.

Le gén de Chastelain savait que le Groupement tactique du Régiment aéroporté du Canada (GTRAC) ne comptait que deux policiers militaires, et il a estimé que ce nombre était acceptable; or il aurait dû savoir à l'étape de la planification que ce n'était pas suffisant, surtout si l'on s'attendait à un nombre élevé de détenus18. Il savait également que le Régiment aéroporté du Canada était déployé sans que sa mission ait été suffisamment définie, et il aurait dû se rendre compte qu'une telle lacune allait à l'encontre des principes fondamentaux de la planification militaire. Le gén de Chastelain était au courant de la limitation des effectifs et cette décision relevait de lui. Il a pourtant jugé que cette limite était acceptable à moins qu'il ne soit informé qu'elle constituait un « obstacle flagrant » à la mission19. Cela montre qu'il ne se souciait pas de l'incidence de la limitation des effectifs sur la mission et sur une planification adéquate de celle-ci.

Nous sommes d'avis que c'est au gén de Chastelain qu'incombait la responsabilité première de faire en sorte que la planification et les préparatifs en vue de l'opération « Deliverance » soient dictés par des impératifs militaires, donnent lieu à l'établissement d'une liste de priorités adéquate et soient effectués de façon professionnelle et compétente. Ce qu'il n'a pas fait. Il a permis que des considérations budgétaires et politiques interviennent dans la prise de décisions importantes concernant le contingent canadien. Il n'a pas exercé pleinement son leadership pour veiller à ce que les priorités sur le plan militaire soient définies, arrêtées et respectées. Par conséquent, il n'a pas porté une attention critique à la dimension militaire. Au lieu de cela, il a laissé se dérouler d'importants aspects du processus de planification, notamment les six éléments dont il est question ici, sans apporter l'attention voulue au bon fonctionnement des forces armées et sans assurer la supervision étroite à laquelle on s'attend de la part du commandant des Forces canadiennes. À cet égard, le gén de Chastelain doit être tenu responsable de toutes les lacunes susmentionnées, puisque c'est à lui plus qu'a quiconque qu'il faut imputer les faiblesses du commandement que révèlent ces lacunes.

  1. Ne pas avoir mis en place un système adéquat de compte rendu sur l'état de préparation et l'efficacité opérationnels des Forces canadiennes.

Le gén de Chastelain aurait aussi dû veiller à ce qu'un système adéquat de compte rendu sur l'état de préparation opérationnelle soit en place pendant la planification de l'opération « Cordon » et de l'opération « Deliverance ». À titre de chef d'état-major de la Défense, il n'avait pas le temps d'inspecter personnellement chaque unité des FC et il devait donc se fier aux renseignements provenant d'un système de compte rendu sur la préparation opérationnelle, ou encore aux rapports de ses commandants subordonnés. Bien qu'il ait su que le système de contrôle de l'état de préparation opérationnelle était depuis longtemps considéré comme inadéquat, il n'a pas rencontré ses commandants pour procéder avec eux à une évaluation en bonne et due forme de la préparation opérationnelle des Forces canadiennes ou du Commandement de la Force terrestre (CFF), que ce soit pendant l'étape de la planification ou avant le déploiement en Somalie. Le gén de Chastelain a choisi de s'en remettre passivement à un système déficient. Il a accepté sans réserve la déclaration sur la préparation opérationnelle en vue de l'opération « Cordon », affirmant qu'il n'avait aucune raison d'enquêter sur cette question « à moins que je n'aie pas fait confiance aux commandants chargés de me fournir les renseignements dont j'avais besoin ou que j'aie su quelque chose qui leur aurait échappé, deux éventualités qui ne se sont pas concrétisées »20 De la même façon, il a accepté aveuglément la déclaration de préparation opérationnelle émise pour l'opération « Deliverance ». Il aurait dû régler ce problème généralisé, qui fait qu'on s'en remettait à des déclarations sur la préparation opérationnelle sans avoir établi de normes d'évaluation ou de méthodes d'établissement de rapports. Encore là, le gén de Chastelain n'a pas fait en sorte que ses subordonnés du CFF mettent en place des systèmes efficaces de contrôle de l'état de préparation opérationnelle.

  1. Ne pas s'être assuré que tous les membres de la Force interarmées du Canada en Somalie avaient reçu une formation adéquate sur le droit de la guerre ou le droit des conflits armés, y compris les quatre Conventions de Genève de 1949 concernant la protection des victimes des conflits armés, et que leurs connaissances dans ces domaines avaient été dûment vérifiées.

À titre de chef d'état-major de la Défense, le gén de Chastelain aurait dû s'assurer qu'avant leur déploiement en Somalie, tous les membres de la FICS avaient suivi une formation adéquate sur le droit des conflits armés, que leurs connaissances dans ces domaines avaient été dûment vérifiées et qu'on avait prévu suffisamment de temps pour dispenser cette formation. Il n'en a rien fait. Nous savons que la formation dispensée aux troupes canadiennes dans les domaines en question a été inadéquate, que les soldats n'ont pas reçu de documentation écrite sur le sujet, et qu'en règle générale, une fois sur le terrain, ils n 'étaient pas préparés à faire face à des situations dont ils auraient dû être bien informés. Donc, nous constatons que le gén de Chastelain n'a pas pris les mesures adéquates pour diriger et superviser la formation relative au droit des conflits armés qui s'appliquent aux opérations de paix, ou pour faire en sorte que tous les membres de la FICS reçoivent une formation adéquate.

  1. Avoir manqué à son devoir de commandant, tel qu'il est défini par analogie avec l'art. 4.20 des Ordonnances et règlements royaux et par les coutumes militaires.

Étant donné nos constatations précédentes au sujet des lacunes du gén de Chastelain en matière de leadership, et compte tenu de l'importance du contrôle et de la supervision dans la chaîne de commandement, nous concluons que le gén de Chastelain ne s'est pas acquitté de son devoir de commandant.

NOTES

  1. Voir le chapitre 16, « L'obligation de rendre compte ».
  2. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 50, p. 10045.
  3. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 50, p. 10045-10046.
  4. Selon les estimations avancées, les pertes dans un conflit d'envergure restreinte s'étendant sur une période de 30 jours se chiffreraient à 130 (42 morts et 96 blessés). Voir Livre de documentation no 19, onglet 6.
  5. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 49, p. 9957-9958.
  6. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 49, p. 9959-9961.
  7. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 49, p. 9984.
  8. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 49, p. 9983; témoignage du lgén Gervais, Transcriptions, vol. 47, p. 9464-9466.
  9. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 49, p. 9960-9961.
  10. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 49, p. 9906.
  11. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 49, p. 9971-9972.
  12. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 49, p. 9987.
  13. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 50, p. 10110.
  14. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 50, p. 10091.
  15. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 50, p. 10095-10096.
  16. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 50, p. 10098.
  17. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 50, p. 10089.
  18. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 50, p. 10112.
  19. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 50, p. 10082-10083.
  20. Témoignage du gén (retraité) de Chastelain, Transcriptions, vol. 49, p. 10003.

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